Paruline à flancs marron




Le 60e anniversaire du
Club des ornithologues de Québec


En 2015, le COQ (Club des ornithologues de Québec) a souligné ses 60 ans d'existence. En effet, en septembre 1955, répondant à une annonce publique, 36 personnes se réunissaient pour créer le Club des ornithologues de Québec. Le COQ s'est doté peu après d'un conseil d'administration, avec François Hamel comme premier président.

Pour célébrer ce 60e anniversaire le COQ a prévu quatre activités spéciales s'échelonnant du mois de mai jusqu'à octobre :


La Virée ornithologique

Le COQ a reçu des ornithologues des clubs de la province et d'ailleurs et leur a proposé durant une fin de semaine des excursions d’observation sur trois sites : la Réserve nationale de faune de cap Tourmente, la Forêt Montmorency et le Marais Léon-Provancher.

Plus de 82 personnes ont participé aux excursions sur le terrain les samedi et dimanche. Parmi eux, on comptait 73 % de femmes et 78 % de participants provenant d’autres clubs que le COQ. Les participants devaient préalablement choisir sur leur bulletin d’inscription deux sites sur les trois proposés. Le site le plus populaire fut la Forêt Montmorency avec 31 et 32 participants le samedi et le dimanche, respectivement. Le cap Tourmente a reçu pour sa part 28 excursionnistes pour chacune de ces deux journées, tandis que le marais Léon-Provancher en a accueilli 22.

Un total de 145 espèces d’oiseaux a été cumulé par l’ensemble des participants lors des deux jours de la Virée, dont 22 espèces de parulines (voir le tableau complet des espèces observées sur le site Internet du COQ). Fait à noter, tous les moucherolles réguliers de la région de Québec ont été cochés, incluant le Moucherolle des saules, le Moucherolle à côtés olive et le Pioui de l’Est, ce qui constitue un exploit vu les conditions climatiques et la date relativement hâtive.

Le cap Tourmente fut le site le plus productif avec 117 espèces, suivi du marais Léon-Provancher (106) et de la Forêt montmorency (57). Aucune véritable rareté ne fut découverte mais plusieurs espèces sont quand même dignes de mention.

À la Forêt Montmorency, on a pu voir certaines des spécialités du site tels que le Mésangeai du Canada et la Mésange à tête brune (difficilement!), mais pas le Tétras du Canada (malheureusement!) et, parmi les rapaces, un Autour des palombes et un Grand-duc d’Amérique.

Au marais Léon-Provancher, les Macreuses brune et à front blanc, la Marouette de Caroline, le Bécasseau variable, le Bécassin roux, l’Hirondelle à ailes hérissées et le Troglodyte des marais; sur le chemin Girard, la Sturnelle des prés.

Au cap Tourmente, le Faucon pèlerin, le Troglodyte familier, les Grives à joues grises et des bois, le Piranga écarlate, le Passerin indigo et, non le moindre, le Bec-croisé des sapins. Dans ce dernier cas, quelques individus fréquentaient les mélèzes situés à l’entrée du Petit Cap, juste à l’extérieur de la Réserve, au grand plaisir des participants présents.

Voici les listes d'observation de ces groupes :

Espèces observées par les participants
Espèces observées par le groupe de David Sibley

Les excursions sur le terrain ont été, pour plusieurs, une belle occasion d’échanger sur le monde des oiseaux et, parfois, de mettre un visage sur un nom qu’on connaissait déjà. Une telle activité constitue une rare occasion de rencontrer des ornithologues d’autres régions, en plus du plaisir de découvrir des oiseaux et de nouveaux sites dans un cadre naturel enchanteur. Le bon déroulement de la fin de semaine fut le fruit d’un travail assidu et d’une longue préparation, commencée dès la fin de 2013.




Souper conférence avec l'ornithologue David Allen Sibley

Dans le contexte de la Virée ornithologique, le COQ et QuébecOiseaux ont accueilli David Allen Sibley, ornithologue, auteur et conférencier américain de réputation internationale, lors d’un souperconférence dont le sujet fut la psychologie de l'identification des oiseaux (en anglais).

C'est le samedi soir qu'il put entrer pleinement en contact avec nombre d'ornithologues d'ici, lors d'un souper regroupant de nombreux amateurs d'oiseaux de Québec et d'ailleurs au Québec. Après le repas, David Sibley présenta une conférence fort prisée sur un sujet rarement abordé lors de telles rencontres, soit la psychologie de l'identification des oiseaux. Dans cette présentation, agrémentée de photos, de dessins et de quelques tests, M. Sibley nous a raconté comment nous percevons le monde autour de nous, et comment notre esprit peut autant nous aider que nous nuire dans nos efforts pour identifier les oiseaux.



Conférence spéciale de l'automne

Le 25 septembre dernier l’ornithologue québécoise, Madame Suzanne Brûlotte, auteure de nombreux ouvrages ornithologiques, a présenté la deuxième conférence spéciale de notre 60e. En invitant cette dernière, le COQ voulait souligner l’engagement important des femmes en ornithologie.

Ornithologue, auteure, photographe et enseignante, elle a raconté son parcours de vie, de sa naissance à aujourd’hui, devant un parterre de près de 140 personnes. Elle a abordé, entre autres, toutes les étapes de sa riche carrière d’enseignante qui l’a amenée au fil des années à communiquer à ses élèves sa passion pour les oiseaux, la poésie et la protection de la nature.

C’est toutefois au moment de sa retraite de l’enseignement que la passion a pris toute son ampleur. Ayant déjà publié sept livres d’ornithologie et de poésie pour les jeunes, elle décide de s’aventurer dans le monde des adultes. Elle poursuit son travail d’écriture en publiant plusieurs guides d’observation d’oiseaux qui connaissent un succès important au Québec. Une récente publication, un recueil de photos et de poésie réalisé en collaboration avec Gilles Vigneault fait particulièrement sa fierté. Elle a à ce jour écrit 26 livres et un 27e sera publié prochainement

L’engagement constant de Madame Brûlotte et ses enseignements répétés, tant auprès des jeunes que des adultes, en font une ambassadrice de premier ordre dans la sphère ornithologique au Québec




Banquet du 60e du COQ

Une fête pour les membres du COQ, à laquelle étaient invités des anciens administrateurs, des représentants des partenaires financiers, certains membres des autres clubs du Québec et de QuébecOiseaux, ainsi que diverses personnes ayant marqué l’histoire du club. Des photos dans le présent numéro retracent des étapes de cette rencontre.

Une intuition géniale de Sylvie Slater, lors d’une réunion en mars 2015, a semé la graine du succès : les membres du CA devraient former une chorale et chanter «Les Oies Sauvages» du groupe Mes Aïeux. Au départ ludique, cette interprétation a pris une dimension profonde par son message. À la fin de la prestation du CA, les paroles ont été distribuées et la chanson reprise en choeur par toute la salle, laissant par la suite place à un solo de Ghislaine Lévesque Lacroix.

Notre président avait auparavant présenté plusieurs convives, soulignant avec reconnaissance leur contribution à l’histoire du COQ ou, plus récemment, au 60e. En fond de scène, un diaporama rappelait en continu les bons moments de 2015. Il faut souligner l’hommage rendu à Jacques Samson. Sans être membre du COQ, il a grandement contribué à notre mission par sa chronique hebdomadaire intitulée Oiseaux et Compagnie dans le quotidien Le Soleil pendant 13 ans, jusqu’à sa retraite. Refusant de se qualifier d’ornithologue, il nous a remerciés pour cette attention, précisant que tout le crédit revenait à ceux qui l’ont si souvent aidé. Nous sentions une émotion sincère lorsqu’il a ajouté que, de tous les hommages qu’il a reçus, c’est celui qui l’a le plus touché.



L'organisation de ce 60e

À titre de président et au nom du Conseil d’administration et des membres du COQ, j’adresse nos remerciements empressés aux participants des deux comités, et de leurs sous-comités, qui ont réalisé les principaux événements de notre 60e en 2015 :

Norbert Lacroix, président du COQ


L'organisation de la Virée ornithologique

Pour s’impliquer dans l’organisation d’un évènement d’une telle envergure, il faut soit être inconscient ou n’avoir aucune idée de ce que ça implique. Heureusement, ce n’est pas l’affaire d’une seule personne. Lorsqu’on m’a proposé de devenir responsable de ce comité, j’ai accepté car avec les personnes qui avaient décidé de s’y joindre, je savais que c’était devenu un gage de succès.

Ce fut un travail de longue haleine. La première réunion pour l’ensemble des activités du 60e anniversaire du COQ a eu lieu le 12 novembre 2013, soit plus de 18 mois avant la fameuse fin de semaine de la Virée ornithologique 2015 et du souper-conférence avec David Sibley. C’est le 4 février 2014 que le comité de la Virée ornithologique 2015 s’est réuni pour la première fois. C’est à cette occasion que nous avons établi les bases de fonctionnement de ce nouveau comité.

Dans un groupe de travail semblable, les décisions ne font pas toujours l’unanimité. Pour ne citer que quelques exemples, le fait de choisir une personne comme David Sibley a généré plusieurs remises en question dont le problème associé à la langue. Pour demeurer au niveau des papilles gustatives, servir du canard à des ornithologues pouvait-il créer un problème d’éthique alimentaire ?

Quoiqu’il en soit, les cuisses de canard confites étaient particulièrement délicieuses. Le choix de l’hôtel s’est avéré judicieux. En plus d’être situé dans un superbe environnement, les systèmes visuels et auditifs étaient bien adaptés pour ce genre d’évènement. L’expérience du personnel nous a aussi été d’une grande aide tout au long des préparatifs. La fin de semaine s’est donc déroulée au quart de tour, qu’il s’agisse du cocktail de bienvenue, de la Virée ornithologique ou du souper-conférence. La conférence de David Sibley fut un grand succès. Malgré sa grande renommée, cette personne demeure simple et facile d’approche.

Je tiens à souligner le superbe travail accompli par les personnes qui ont mené à terme cette aventure (par ordre alphabétique) :

Gérard Cyr, Responsable du comité de la Virée ornithologique 2015